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1. Le tribunal
Nombre de participants :
minimum 8
Durée de l’activité :
environs 3 heures
Objectifs :
a. Sensibiliser les participants à la question de l’élargissement des droits politiques
b. Clarifier sa propre position sur la question puis se décentrer en défendant une autre position
c. Développer une argumentation pour se situer clairement en fin d’animation et repartir avec des éléments pour argumenter dans d’autres lieux.
Matériel nécessaire : a. Un tableau de conférence + marqueur
b. Des feuilles et de quoi noter (fois autant de participants)
c. articles (dossier pédagogique, presse, …) traitant de la question des droits de vote et d’éligibilité
Description de l’activité : mise en situation d’un tribunal civique
Déroulement :
- Accueil des participants (20 minutes) : tour de table sans débat : prénom, un droit qu’ils ont, auquel ils tiennent, pourquoi y tiennent-il ?
L’animateur peut prendre note au tableau des valeurs qui émergent en réponse à cette troisième question.
- Temps de réflexion individuelle (5 minutes ) : chacun note sur une feuille quelques mots clés en réponse à la question : « Suis-je pour ou contre l’élargissement des droits politiques pour les étrangers non-Européens ? Pourquoi ?
- Consignes (15 minutes) : chacun laisse sa feuille de côté. L’animateur présente les différents rôles pour une mise en situation d’un tribunal civil : 2 parties (une pour/une contre). Il veille au respect des consignes.
- Rôles : – un juge (éventuellement 2 ou 3 personnes, s’il y a beaucoup de participants).- Un avocat des pour (là on peut imaginer une équipe de 3 ou 4 personnes) qui défend donc une position pour l’octroi du droit de vote. – Un avocat des contres (là aussi éventuellement une équipe de 3 ou 4) qui défend une position contre l’octroi du droit de vote. – Le public : le groupe des indécis qui assistera au procès. – Les témoins : il n’est pas indispensable de désigner des témoins, (par exemple, si le nombre de participants est réduit).
- Attribution des rôles (5 minutes) : l’idéal est que les personnes qui défendent des positions assez différentes de leur position personnelle afin d’encourager un processus de décentration permettant une meilleure écoute et une compréhension entre positions divergentes.
- Temps de préparation (de 30 minutes à 1 heure) – Le groupe « avocat des pour » et le groupe « avocat des contre » cherchent, chacun de leur côté, des arguments pour défendre leur thèse. Ils définissent éventuellement une stratégie pour convaincre les juges. – Si des témoins ont été désignés, ils préparent leur témoignage.- Si le public et les juges discutent des droits auquels ils tiennent et analysent les liens éventuels entre ces droits, les valeurs sous adjacentes et la question des droits politiques, ou ils essayent, à partir de leurs connaissances et, éventuellement, des fiches thématiques (ou autres articles), de reconstituer l’histoire du droit de vote en Belgique.
- Mise en situation du tribunal (entre 40 et 55 minutes) – Exposé des faits : rappel, par le juge (ou l’animateur), du contenus de la loi octroyant le droit de vote aux résidents étrangers non européens. – Plaidoirie de l’avocat des contres + audition des témoins- Plaidoirie de l’avocat des pour+ audition des témoins- Jugement. Le jugement correspond ici à une prise de position motivée du juge, à partir des arguments déployés dans les étapes précédentes du procès. Le public, lui, assiste au procès et écoute attentivement les différents arguments.
- Échange (20 minutes)- Comment ai-je vécu la mise en situation ?- Ma position a-t-elle changé suite à cette mise en situation ? (Relire éventuellement les mots-clés inscrits en début d’animation) ? S’est-elle, au contraire, renforcée ? A quel moment ? Suite à quel argument ?L’animateur offre en premier lieu la parole au public (qui ne s’est pas encore exprimé).
- Mot de clôture ( 10 minutes) L’animateur résume les enseignements tirés de la mise en situation.
2. L’urne
Nombre de participants :
Maximum 40
Durée de l’activité :
Environ 1h30
Objectifs :
- Sensibiliser les participants à la question de l’élargissement des droits politiques.
- Clarifier sa propre position sur la question en l’énonçant et en la confrontant à celle des autres participants.
- Prendre conscience de la redondance de l’histoire : certains arguments utilisés aujourd’hui contre les droits politiques des étrangers sont les mêmes que ceux utilisés contre les droits politiques des ouvriers et des femmes.
Matériel nécessaire :
- Une urne
- Des bulletins individuels à remplir avec deux questions :
« Quelles est votre position concernant l’extension du droit de vote et d’éligibilité aux ressortissants étrangers ? »
« Quelles questions vous posez-vous à ce sujet ? »
Description de l’activité : Discussion à partir d’une situation d’exclusion.
Déroulement :
- Mise en situation en entrée en matière (10 minutes) : Démarrer la rencontre en distrubuant le bulletin de vote fictif à une partie seulement des participants (sur bas d’un critère tout à fait arbitraire, excepté bien sûr celui de la nationalité : ceux qui ont des lunettes, un vêtement de telle couleur, … ). Ces participants répondront, par écrit, à deux question posées dans le bulletin et le déposeront ensuite dans une urne (les participants peuvent aussi garder leur bulletin auquel cas l’urne n’est pas nécessaire). Demander à ceux qui auront été exclus de vote comment ils l’ont vécu.
- Discussion sur les droits politiques des ressortissants étrangers (1h) :Les réponses aux questions du bulletin constituent la base de la discussion.L’animateur utilisera ce matériel pour lancer le débat.Les participants argumentent leur position.L’animateur intervient un minimum :- s’il y a des fausses affirmation qui ne sont pas contredites par les autres membres du groupe.- pour relancer la discussion (ex : « est-ce que tout le monde est d’accord avec ce qui vient d’être dit ? Vous êtes plus ou moins d’accord d’octroyer le droit de vote mais que pensez-vous du droit d’éligibilité? »).- et surtout pour créer un climat d’écoute et de respect mutuel qui permettra à toutes les opinions de s’exprimer sans que soit jugée la personne qui la partage.
- Rappeler les grandes lignes de l’histoire belge en matière de droit de vote (15 minutes) (avec quelques détails révélateurs de la morale qui transparaît à travers les décisions politiques).
- Conclusion (5 min)Présentation des arguments en faveur des droits politiques pour tous.
3. Des affirmations à l’emporte-pièce
Nombre :
entre 15 et 20 personnes
Durées de l’activité :
2h00
Objectifs :
- Prendre conscience des (de ses) préjugés
- Débusquer ses peurs
- Développer une argumentation face à certains préjugés et affirmations non fondées
Matériel nécessaire :
- 5 fiches ou petites feuilles de papier comportant chacune une des affirmations suivante :
« le droit de vote ? Qu’ils commencent par apprendre notre langue ».
« Ils n’ont qu’à devenir belges ».
« Si on leur accorde le droit de vote, on aura vite un bourgmestre musulman »
« A quoi bon les laisser voter, ils ne s’intéressent pas à la politique »
« Le droit de vote ? A condition qu’ils aient les mêmes obligations que nous »
- un chapeau, pour le tirage au sort (facultatif)
Description de l’activité : réflexion à partir d’ « affirmations »
Déroulement :
- Constituer 5 groupes de minimum 3 personnes (5 minutes)
- Faire tirer au sort par chaque groupe, une des fiches (ou feuille de papier) comportant une affirmation (voir ci dessus) (5 minutes)
- Faire réfléchir chaque groupe autour de « son » affirmation : d’accord, pas d’accord ? Pourquoi ? (20 minutes)
- Faire présenter par un membre de chaque groupe les éléments de réflexion (20 minutes)
- Réunir tous les participants à l’animation et permettre à chacun de s’exprimer (30 minute)
- Conclusion : replacer la question du droit de vote et d’éligibilité des étrangers dans le contexte global de la participation politique de tous (10 minutes).
4. Rebondissons !
Nombre de participants :
a partir de 2
Durée de l’activité :
C’est au groupe à la décider, cela peut prendre 5 minutes comme toute la durée de l’activité (sachant qu’une activité dure en moyenne 50 minutes).
Objectifs :
- Profiter d’une discussion sur la question du droit de vote, sur l’actualité , sur l’immigration pour parler de la question des droits politiques des étrangers.
- Sensibiliser les participants-e-s à la question de la citoyenneté et de la participation politique de toutes et de tous ) la vie du pays.
- Partir de l’expérience et du vécu des participant-e-s.
- Permettre aux « experts » de la question dans le groupe de prendre part dans l’animation.
- Donner du sens aux discutions qui surgissent dans l’informel.
Matériel nécessaire :
Aucun matériel n’est nécessaire sinon, pour l’animateur, son sens de l’improvisation, sa capacité à rebondir sur les questions de fond et sur l’actualité.
Pour un public peu ou non alphabétisé : prévoir des supports habituellement utilisé dans le cours lors de l’apprentissage du français (tableau, photos langage, mots clefs, …). Si cela se prête, utiliser également la compétence du groupe en matière de traduction.
Description de l’activité : Passer d’une discussion informelle à une discussion politique sur le droit de vote.
Déroulement :
- A un moment de l’activité, quelque chose interpelle l’animatrice/l’animateur : un débat informelle qui s’amorce, une attitude ou l’expression d’un ou de plusieurs participant-e-s en lien avec la question des droits politiques des étrangers.
- L’animateur/l’animateur peut alors transmettre au groupe : « Je perçois cela, cela me semble important, est-ce qu’on décide d’en parler tous ensemble et donc modifier in moment l’activité ? »
- Si les personnes marquent leur accord, on peut fixer ensemble les règles du jeu en laissant le groupe répondre aux questions suivantes : – Qui anime ? Cela ne doit pas être nécessairement l’animateur habituel de l’activité. – Combien de temps décide-t-on de consacrer à ce débat ?- Est-ce que quelqu’un accepte de prendre note de ce qui va se dire ? (facultatif) – A la fin de la discussion, prendre le temps d’évaluer ce qui aura été dit.
NB : ce contrat de les procédures doit ce faire très vite et d’une manière naturelle, il ne s’agit surtout pas de passer le temps disponible à ces formalités ! Mais il ne faut pas l’évacuer non plus car cette discussion sur les procédures rend les gens acteurs du débat qui va se mener : on ne peut mener une discussion politique si le groupe ne s’est pas donné des règles démocratiques.
-
Quand les règles sont claires pour tout le monde, la discussion sur le contenu peut démarrer.
-
L’animateur doit alors permettre au groupe de cheminer dans la discussion. A titre indicatif, voici quelques consignes et question qui peuvent aider à structurer le débat :
-
- Définir ensemble quelles son les compétences présentes pour aborder cette question : qu’es-ce qui nous autorise, qu’est-ce qui nous amène à parler de ça … ? Il s’agit surtout d’appuyer les compétences issues du vécu et de l’expérience des gens.
- Avons-nous déjà entendu ce type de discussion ailleurs ? Est-ce qu’on en parle aussi dans d’autres lieux ? Est-ce une préoccupation pour d’autres que nous ?
- Comment l’association où nous nous trouvons se situe par rapport à cette question ? En quoi peut-elle apporter un plus par rapport à notre questionnement ? Quelles sont les possibilités d’échanges avec d’autres personnes, d’autres groupes ?
- A partir de notre discussion, de notre réflexion, que veut-on faire ? A-t-on envie d’aller plus loin ? Inviter quelqu’un lors d’une prochaine rencontre ?
NB : ce premier débat, même s’il ne va pas très loin dans le contenu, permet déjà d’identifier les positions en présence et les éventuels éclairages à apporter ultérieurement au groupe.
Il faut se dire aussi que des moments de débats informels sont uniques et permettent de toucher un public qui ne viendrait pas nécessairement à une « conférence bien orchestrée » sur le droit de vote ! Alors un seul message : ayons une capacité à rebondir au bon moment, dans les bons endroits et sur les bonnes questions.
5. Carte sur table
Nombre de participants :
Maximum 12 personnes
Durée de l’activité :
+/- 1h10
Objectifs :
- Se remémorer l’histoire du droit de vote en Belgique.
- Discerner les étapes de cette évolution et les enjeux sous-adjacents.
- Débattre de l’actualité du droit de vote des non-européens.
Matériel nécessaire :
- 4 lignes du temps, 4 fois 8 cartons (moments clefs du suffrage universel en Belgique).
- 2 planches de jeu « parcours vers la démocratie », 2 dés, 2 fois 6 pions et 2 fois 10 cartes-personnages.
Par convention, les faces 4,5,6 du dé seront considérées comme 1,2,3.
La planche de jeu, ligne du temps, cartons et cartes sont disponibles en annexes ci-après.
Description de l’activité : Aborder la question de l’extension du suffrage par le jeu.
Déroulement :
-
Reconstitution de l’histoire du suffrage universel en Belgique sur la ligne du temps (20 minutes)
- L’animateur forme 4 groupes de 3 personnes et distribue à chaque groupe une feuille illustrée avec une ligne du temps ainsi que 8 cartons indiquant les moments-clés de l’évolution du suffrage universel.
- Chaque groupe complète « sa » ligne du temps.
- L’animateur rassemble les groupes et propose de mettre en commun les questions et les difficultés rencontrées (compréhension des termes, …). Il suscite, si nécessaire le débat :
Que peut-on dire des étapes vers la démocratie ?
L’évolution est-elle rapide ? Opportune ? …
Y a-t-il des volets de l’histoire du droit de vote qui me questionnent ?
-
Jeu de table : « parcours vers la démocratie » (30 minutes)
- L’animateur forme deux groupes de 6 personnes. Ll distribue une lanche de jeu, un dé et un tas de cartes-personnages par groupe etun pion par joueur.
But : Arriver à faire traverser son personnage dans le temps, jusqu’à la case finale.
Consignes : Chaque joueur tire une carte-personnage qu’il gardera durant toute la durée du jeu. Il avance, à son tour, en lançant le dé et en respectant les indications de la case sur laquelle il se trouve.
- Lorsque chacun est arrivé en fin de parcours, l’animateur rassemble tous les participant. Chacun exprime ce qu’il a ressenti en jouant tel ou tel personnage :
Mon personnage a-t-il rencontré des difficulté ?
Lesquelles ?
Ai-je trouvé cela juste ?
Qu’est-ce que ce jeu évoque pour moi ?
L’animateur veille à ce que les positions de chacun soient respectées et écoutées.
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