Humour ou incitation à la haine

CONTEXTE

Humour ou incitation à la haine ? Les cas de Dieudonné, de Zéon, de Charlie Hebdo posent la question de l’humour et de ses limites. Pour avoir déclaré qu’il se sentait « Charlie Coulibaly », Dieudonné a fait l’objet d’une enquête pour « apologie du terrorisme ». Si Dieudonné a déjà été condamné à plusieurs reprises pour injure, incitation à la haine et à la discrimination raciale, Charlie Hebdo n’a jamais été jugé coupable de tels faits. Comment expliquer cette situation que certains estiment de « deux poids, deux mesures » ? La loi européenne n’interdit pas de se moquer d’une religion mais elle interdit d’appeler à la haine contre les croyants d’une religion ou de faire l’apologie de crimes contre l’humanité. Il ne faut pas confondre la liberté d’opinion et droit de critique avec le racisme, l’antisémitisme, le négationnisme ou l’apologie du terrorisme, qui sont des délits. Si Charlie Hebdo peut choquer, blesser, il se défend de ne pas se moquer d’une population, mais des croyances et des dogmes. Les avis sont partagés. Qui plus est, peut-on régler la question des limites à la liberté d’expression à partir d’interdictions strictement juridiques ?

PISTES DE DÉBATS

• La liberté d’expression est-elle sélective ?
• Quand l’humour est-il injurieux, diffamatoire ou discriminatoire ?
• Peut-on régler la question des limites à la liberté d’expression à partir d’interdictions stricte-
ment juridiques ?
• Charlie ou Charlot ?

POUR ALLER PLUS LOIN

A-t-on le droit de blasphémer ?, La Libre, Septembre 2012 > Lien
• Bruno Gaccio, Dieudonné, Peut-on tout dire ?, Editions Mordicus, 2010, 102 pages.
• Raoul Vaneigem, Rien n’est sacré, tout peut se dire : Réflexions sur la liberté d’expression, La
Découverte, coll. Sur le vif, 2008, 93 pages.

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